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Histoire 5 de la coutellerie à Houyet
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LA 3 COUTELLERIE A HOUYET
1ère partie
: les origines - 5 tentatives d'explications |

L'atelier collectif de coutellerie, 4 dont
plusieurs d'entre nous ont déjà 5 entendu parler, a probablement été Commune de houyet construit
vers 1850-1851, soit sous le 2 règne du Roi Léopold I 3 et à sa demande. Cet
atelier 4 se trouvait établi à HOUYET, 5 sur la rive gauche du Commune de houyet Hileau, à une
trentaine de mètres 2 des berges, soit actuellement, à 3 la fois à proximité du
bord 4 extérieur droit de la cour 5 de récréation des enfants de Commune de houyet l'école
maternelle, de l'actuel remblai de 2 chemin de fer, du sentier 3 dit de la «
Fontaine » 4 et de l'entrée de la 5 sapinière. Sa forme rectangulaire avait Commune de houyet une
contenance de 1 are 40 2 centiares. Il comportait à l'avant 3 une petite cour
adjacente.
Il 4 était probablement construit avec les
mêmes 5 matériaux que les petites habitations Commune de houyet localisées juste en face : 2 le toit
en chaume et les 3 murs en torchis avec des 4 pièces de bois apparentes formant 5 des
colombages. Son accès se faisait Commune de houyet principalement au départ du large 2 gué ou de la
« planche 3 », tous deux ancêtres du 4 grand pont actuel et de 5 la passerelle qui se
trouve légèrement Commune de houyet en amont.
Sur le 2 plan d'expropriation du chemin de
fer, 3 datant du 16 mai 1890, 4 on constate que figurent en 5 qualité d'indemnitaires
de l'Etat, le Roi Commune de houyet Léopold II (souverain à partir 2 de 1865) et sa sœur, 3 la
princesse Charlotte. Comment en est-on 4 arrivé là ?
-
Pour comprendre l'origine de la
construction Commune de houyet de cet atelier, il faut 2 préalablement parler de la période 3 «
française » de nos territoires 4 et notamment celle comprise entre 5 1789 et 1790.
C'est à ce Commune de houyet moment qu'une famille de couteliers 2 français : Joseph et
Jean-Baptiste Arnould, 3 originaires de Givet arrivent à 4 Houyet
avec leur(s) chariot(s) chargé(s) d'effets 5 personnels, dont quelques outils.
Fuyaient-ils, craignant Commune de houyet d'être associés à des royalistes 2 ? Toujours est-il et à
tout 3 le moins, qu'ils trouvent l'endroit 4 joli et accueillant. Bien vite, 5 ils
constatent aussi que sur place, Commune de houyet il y a tout ce 2 qui leur faut pour exercer 3 leur
artisanat : des maisonnettes, de 4 l'eau courante, du bois en 5 abondance, des
matières premières, des débouchés Commune de houyet et même de la main 2 d'œuvre, disposée à les
aider. Même 3 s'ils travaillaient au départ de 4 petites remises assez sombres,
leur production 5 ne passait pas inaperçue et Commune de houyet c'est ainsi probablement que
plusieurs houyettois 2 s'essayèrent à leur tour à 3 cette pratique, dont
Hubert et Robert 4 Gérôme, Joseph Léonard, Louis et 5 Marie Rousselle,
Jean Blaise, Jean-Joseph et Commune de houyet Henri Côte, Auguste Herman, sans
compter 2 la descendance directe des auteurs 3 originaires : François
et Jean-Baptiste Arnould 4 (fils).
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Succède alors à 5 cette période, celle de
la création Commune de houyet de l'Etat « Belgique » 2 (1830). Le nouveau Chef de 3 l'Etat, le Roi
Léopold I parcourt 4 et visite « ses » 5 nouveaux territoires. Il développe
notamment, aux Commune de houyet alentours de Houyet, et par 2 étapes successives, une importante «
politique 3 » (personnelle) d'achats de biens 4 immobiliers (de 1837 à 1851,
notamment). 5 Dans le domaine agricole, qu'il Commune de houyet affectionne particulièrement, le
Roi Léopold I 2 se plait à « dispenser 3 » des cours aux paysans 4 locaux pour
attirer leur attention sur 5 l'emploi de techniques et de Commune de houyet productions modernes
(engrais, notamment) et qui 2 doivent en principe augmenter les 3 quantités
produites et par conséquent aussi 4 le niveau de vie. Dans 5 le domaine de la
coutellerie, on Commune de houyet peut sans doute faire le 2 même rapprochement. Parcourant souvent
le cœur 3 même du village de Houyet, 4 et notamment en 1851, lorsqu'il 5 pose la
première pierre de l'église, Commune de houyet le Roi Léopold I a 2 inévitablement entendu ça et
là, en 3 provenance de plusieurs remises individuelles, 4 les coups de marteau
portés sur 5 les enclumes. Il s'est alors Commune de houyet intéressé à cet artisanat qu'il 2 a sans
doute dans un premier 3 temps observé. Puis, là aussi, 4 il lui est apparu que
quelque 5 chose devait être fait, afin Commune de houyet de rendre les tâches plus 2 performantes. Il
a alors décidé d'acquérir 3 un terrain se trouvant sur 4 la rive gauche du Hileau
pour 5 y bâtir un atelier qui Commune de houyet aurait regroupé les couteliers de 2 la localité. Il
est fort à 3 parier que cet atelier a 4 été équipé, en son intérieur, 5 d'un outil
jugé « moderne » Commune de houyet pour l'époque, à savoir une 2 grande « roue » en 3 bois (sans
doute 2 mètres de 4 diamètre) actionnée par un chien 5 y lié à l'intérieur ou Commune de houyet bien
par deux hommes grâce à 2 une manivelle ( ?). Le 3 mouvement de cette « roue 4 »
entraînant, grâce à des courroies 5 de transmission, les indispensables pierres Commune de houyet à
aiguiser, meule(s) et autres disques 2 à polir. Il est vrai 3 que cette « roue »
faisait 4 penser à celles (deux, en 5 fait) beaucoup plus grandes encore, Commune de houyet qui
garnissaient le mur extérieur du 2 moulin à grains, lequel était 3 établi derrière
le cimetière de Houyet, 4 tout près du Ravel et 5 alimenté par l'eau de la Commune de houyet Lesse
toute proche. La distinction d'appellation 2 entre le « moulin » 3 et le « petit
moulin » 4 (qui n'en était donc pas 5 un) était alors devenue évidente Commune de houyet pour
beaucoup à cette époque.
Parmi les couteliers qui ont 3 travaillé
dans l'atelier collectif, on peut 4 sans doute citer Jean-Henry et
Hubert 5 Léonard, Jean Blaise et Jean-Joseph Commune de houyet Côte, Auguste Herman, Henry et
Victor 2 Willeme, Laurent Dumont, Stanislas Delogne, 3 Antoine Pierard, Antoine
Defise, Eugène Hainaut, 4 Henry et Joseph Culot ( 5 ?). Cependant,
dès avant ou peu Commune de houyet après la mort de Léopold 2 I, en 1865, la tradition 3 rapporte que
l'atelier en question avait 4 été délaissé par ses occupants 5 qui lui préféraient
leurs remises familiales Commune de houyet où ils exerçaient dorénavant leur 2 profession en toute
indépendance, que ce 3 soit entre père et fils 4 et entre frères.
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2ème partie
: les ateliers 2 privés et processus de fabrication |

Le vingtième
siècle Commune de houyet voit apparaître à HOUYET, 2 une
nouvelle « vague » de 3 couteliers, formée de Léon CULOT, 4 Eugène
CULOT, Emile CULOT, Joseph
OPOVIN, Constant 5 CHABOTTAUX, Constant
JADOT, Joseph MATHIEU, François
HERBIET, Commune de houyet Emilien HERBIET, Joseph
HERBIET, Jean-François HERBIET, 2 Eugène
HERBIET, François HERBIET, François
GODFROID et 3 Ernest GODFROID.
Il y 4 a donc eu chez nous, 5 39 couteliers
sur un peu plus Commune de houyet de 180 ans (de 1789 2 à 1971) et repris sous 3 19 noms de famille
différents.
Les forges de ces artisans 5 se trouvaient
généralement établies à l'intérieur Commune de houyet de leurs habitations ou dans 2 des réduits,
situés côté jardin. Elles 3 étaient exiguës (souvent une seule 4 pièce), plutôt
sombres, peu ventilées et 5 dépourvues d'eau courante.
Les Commune de houyet principaux
outils qu'elles contenaient étaient 2 le
foyer (ou la forge) avec 3 son soufflet, l'enclume, les marteaux, 4 l'établi monté
d'étaux, les limes, les 5 scies à cornes, la cisaille Commune de houyet à bras, la presse à 2 cornes,
la meule et autres disques 3 à polir.
La première
impression 4 qui venait à l'esprit
lorsqu'on 5 entrait dans la majorité de Commune de houyet ces forges était celle d'un 2 fouillis
général : l'établi était régulièrement 3 encombré de morceaux et de 4 déchets de
cornes, mais aussi de 5 lames diverses, de pinces rondes, Commune de houyet de marteaux, de limes,
de vrilles 2 … Sur les différents pans 3 de murs se trouvaient rangées 4 d'autres
limes et scies à cornes. 5 Les étagères étaient encombrées de Commune de houyet flacons, de godets,
de bidons d'huile 2 et de boîtes d'émeris. Quant 3 au sol, il était couvert 4 de
particules de charbon et de 5 pierres à polir, de déchets Commune de houyet de cornes mais aussi de
sciure 2 et de limaille de fer 3 . Les barres d'acier et 4 plaques de fer étaient
disposées un 5 peu partout. Cependant, ce désordre Commune de houyet n'était qu'apparent… Les
pinces, les marteaux 2 et autres bouts de fer 3 n'étaient jamais perdus … le
coutelier 4 savait exactement où les trouver. 5 En effet, chaque chose prenait Commune de houyet dans
la forge une place bien 2 précise et ne pouvait en 3 bouger d'un centimètre, sinon
le coutelier 4 ne trouvait plus la largeur 5 de ses bras pour les Commune de houyet gestes quotidiens
de sa tâche.
L'apprentissage
des gestes parfaits se 3 transmettait généralement de père en
fils, 4 ce qui signifie que ceux 5 d'entre nous qui ont eu Commune de houyet la chance de voir à
l'œuvre 2 les derniers couteliers de Houyet 3 dans les années 60 (Eugène 4 HERBIET,
François HERBIET) et début des 5 années 70 (Ernest GODFROID) auraient Commune de houyet très bien
pu voir les artisans 2 des années 1789 et suivantes 3 : les techniques et procédés
de 4 fabrication n'avaient guère évolué dans 5 le temps.
Le travail
commençait relativement tôt dans la 2 journée. Il s'agissait
d'abord de nettoyer 3 le foyer des braises de 4 la veille, puis de procéder
méthodiquement 5 à un nouvel allumage de Commune de houyet feu, au moyen de petits 2 bouts de bois
qui étaient rapidement 3 complétés de charbon.
Trois 4 grandes étapes pouvaient
être distinguées dans 5 la fabrication des couteaux
: Commune de houyet celle du travail du fer, 2 celle de l'assemblage et
de l'ajustage 3 des pièces, enfin celle de 4 la finition.
Seule l'étape 5 du travail du fer sera
évoquée Commune de houyet aujourd'hui. Elle a connu deux 2 périodes importantes : avant et 3 après
1930.
I. Jusqu'en
1930 :
1. Le coutelier houyettois
forgeait 5 les lames, c'est-à-dire qu'il présentait
l'extrémité Commune de houyet de barres d'acier, plus ou 2 moins plates, dans le feu 3 de la forge
pour les faire 4 rougir. Puis, il les portait 5 sur l'enclume pour les battre
patiemment Commune de houyet au gros marteau en vue 2 de leur donner la forme 3 embryonnaire d'une
lame. Pour arriver à 4 ce résultat, le coutelier devait 5 : - battre le fer Commune de houyet de
manière aussi régulière, soutenue et 2 cadencée que possible. Les coups 3 de
marteaux portés de manière violente 4 et irrégulière étaient à proscrire.
L'effort 5 devait être bien dosé … Commune de houyet - mais aussi, et surtout, 2 faire un usage
parfait du gros 3 soufflet de forge. Celui-ci comprenait 4 un poids, une « poignée
» 5 (activée par le poignet ou Commune de houyet l'avant bras gauche du coutelier, 2 ce qui
permettait d'ouvrir et de 3 fermer le soufflet) et une 4 tuyère (ou conduit, qui
permettait d'acheminer 5 le vent vers les braises Commune de houyet du foyer). C'est grâce au
soufflet, 2 que le coutelier obtenait les 3 précieuses indications sur les
différentes nuances 4 dans la couleur rouge de 5 l'acier ainsi chauffé.
2. Commune de houyet Le coutelier faisait usage de
son 2 gros marteau et du coupe-barre, 3 logé dans l'enclume, pour couper
d'un 4 coup net la lame (dont 5 les contours restaient assez
grossiers) du Commune de houyet reste de la barre d'acier.
3. Le coutelier
saisissait les 3 pièces, qui venaient d'être forgées,
pour 4 les déposer sur des braises 5 de charbon de bois
(moins chaudes Commune de houyet que les braises de charbon 2 de forge) et les recuire 3 afin de
rendre l'acier plus souple 4 et faciliter ensuite le travail 5 ultérieur de forage
et de finition Commune de houyet sur l'acier. Le coutelier ne 2 sortait les pièces des cendres 3 que
lorsqu'elles étaient complètement éteintes.
4. Enfin, le coutelier
martelait à 5 froid les lames, toujours sur Commune de houyet la grosse
enclume, pour que les 2 grains du métal se resserrent 3 après leur dilatation lors
de leurs 4 passages dans les feux successifs. 5 Les pièces devenaient alors plus
résistantes Commune de houyet et achevaient de prendre forme.
II. Après 1930
:
Il ne devient plus nécessaire 4 de forger
les lames manuellement (sauf 5 pour les couteaux de poche). Commune de houyet En effet, de
nouvelles machines (presse 2 à découper, chez Eugène et 3 François HERBIET)
permettent dorénavant de découper 4 mécaniquement (à froid) dans l'acier 5 des
séries entières de lames standard. Commune de houyet Ce progrès représentera un gain 2 de temps
considérable et une augmentation 3 des quantités produites.
Restait 4 au coutelier à percer l'acier 5 de
trous en vue d'y loger Commune de houyet plus tard les rivets, destinés 2 à tenir le
manche.
A 3 l'origine, l'acier était composé de
carbone, 4 puis a été remplacé par 5 de l'acier inoxydable, plus pratique Commune de houyet car
naturellement brillant, inaltérable à l'air, 2 réduisant son
entretien.
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3ème 4 partie
: les processus de fabrication 5 (suite) |

La seconde
étape 3 de ce processus, après 4 celle du
travail du fer, était 5 celle de l'assemblage et de Commune de houyet l'ajustage des
pièces :
A
HOUYET, les manches des couteaux 3 étaient
essentiellement fabriqués avec des cornes 4 de bovidés (vaches
principalement et buffles 5 africains). Mais les couteliers faisaient Commune de houyet aussi usage
de bois de cervidés 2 et de bois naturels
(pruniers, par 3 exemple), lors des périodes de 4 pénurie de cornes, notamment
pendant les 5 deux guerres mondiales. Certains couteaux Commune de houyet (ceux qui permettaient
d'ouvrir les boîtes 2 de conserve) avaient un manche 3 en fibre
synthétique, tandis que d'autres 4 (comme les couteaux de boucher)
offraient 5 une meilleure prise avec un Commune de houyet manche composé uniquement de
bois.
Le coutelier houyettois se procurait
généralement 3 les cornes auprès des grossistes 4 en peaux, qui étaient eux-mêmes
en 5 relation avec les abattoirs de Commune de houyet la région.
La couleur 2 des cornes était très proche
de 3 celle de la peau des 4 bovidés : noires et blanches, 5 blanches, brunes,
blanches et brunes, grises, Commune de houyet rousses et totalement noires pour 2 les buffles
africains (aussi plus résistantes).
1) Les cornes étaient 4 d'abord nettoyées
(enlèvement de toute chair 5 résiduelle), puis fixées verticalement dans Commune de houyet un
puissant étau en vue d'être 2 sciées, à la main, dans 3 le sens de la longueur,
puis 4 terminées à la plane. Plus 5 tard, dans l'atelier de Eugène Commune de houyet et
François HERBIET et celui de 2 François et Ernest
GODFROID, ce travail 3 s'effectuera au moyen d'une scie 4 à ruban,
électrique.
2) Les 5 morceaux de cornes étaient ensuite
étendus, Commune de houyet déroulés, puis chauffés sur une 2 flamme douce afin de les 3 rendre
malléables.
3) Ils étaient 4 placés dans une presse
puissante, fixée 5 dans l'établi, pour y être Commune de houyet redressés et rendus extrêmement
plats.
4) Une fois refroidis, le 3 coutelier
procédait au montage expérimental et 4 approximatif des éléments en cornes 5 sur
les parties correspondantes du métal. Commune de houyet La corne était percée de 2 quelques trous
pour la mise en 3 place des futurs rivets.
5) Un premier aiguisage de 5 la lame avait
lieu, le poinçon Commune de houyet était frappé, puis le coutelier 2 plongeait alors brusquement
les pièces de 3 métal démontées et réchauffées dans 4 un bain d'huile épaisse et
froide 5 (= la trempe), afin de Commune de houyet les rendre plus résistantes à
l'usage.
6) Venait ensuite tout 3 le travail de
ré-assemblage des différentes 4 pièces, avec l'introduction d'un renfort 5 en
laiton ou en fer, en Commune de houyet début de manche puis le 2 placement des rivets.
7) 3 Enfin, un travail minutieux, effectué
toujours 4 au départ de l'établi et 5 de son étau principal, permettait Commune de houyet d'arrondir
les manches nouvellement posés.
La troisième étape, celle de
la 3 finition pouvait alors commencer
:
1) Il s'agissait d'affûter 5 parfaitement
les lames sur une grosse Commune de houyet meule, mise en mouvement par 2 différentes poulies et
courroies de transmission. 3 L'acier s'effilait alors en une 4 pointe élégante et
redoutablement tranchante. Pour 5 ne pas que l'acier ne Commune de houyet s'échauffe au contact de
la meule 2 en mouvement, le coutelier mouillait 3 régulièrement son ouvrage au
moyen d'eau 4 froide, qui se trouvait dans 5 un seau ou qui sortait Commune de houyet d'un réservoir
placé en hauteur.
2) Venait ensuite le polissage 3 des lames
et des manches sur 4 différents disques rotatifs en feutre 5 et en émeri, également
mis en Commune de houyet mouvement par plusieurs polies et 2 courroies. Le coutelier enduisait
régulièrement ces 3 disques avec des pâtes spéciales, 4 pour donner aux couteaux un
bel 5 aspect brillant. Le dos des Commune de houyet lames perdait aussi toute sensation 2 de rugosité
au terme de cette 3 ultime étape. Les couteaux étaient 4 alors prêts pour la
vente.
- A
HOUYET, les Commune de houyet couteliers éprouvèrent aussi
le besoin de 2 personnaliser et d'authentifier leur production. 3 Avant la trempe,
ils appliquaient sur 4 la lame une marque à 5 l'aide d'un poinçon. Etaient
généralement repris Commune de houyet : le nom du coutelier 2 fabricant,
éventuellement l'initiale de son prénom, 3 la localité de production «
HOUYET 4 » et parfois la qualité 5 de l'acier « inox » Commune de houyet ou
« inoxydable ». Cette technique, 2 très ancienne, remonte au
16ème siècle. 3 C'est grâce à cette marque 4 que la clientèle peut
repérer plus 5 facilement le produit et l'identifier.
-
Les principaux couteaux 2 de
HOUYET étaient les couteaux 3 de table,
les couteaux pour trancher 4 le pain, les couteaux à 5 dessert, les couteaux à
viande (ou Commune de houyet de boucher), les couteaux pour 2 ouvrir les boîtes de conserve, 3 les
couteaux à légumes (ou éplucheurs), 4 les couteaux de poche (canifs) 5 à une ou
deux lames, les Commune de houyet couteaux-griffes, les couteaux-serpettes, les
couteaux-saigneurs et 2 les couteaux-raseurs. Pour ces 5 3 derniers, le processus
de fabrication connaissait 4 quelques spécificités non abordées ici. 5 Ils étaient
vendus à l'unité ou Commune de houyet par douzaines (pour les couteaux 2 de table).
-
L'écoulement 3 de la production
se faisait 4 :
-
au domicile du
coutelier-fabricant 5 ;
-
dans le Commune de houyet magasin d'un commerçant
bien établi (à HOUYET, celui de
Joseph et 3 Léon CULOT, quartier de la
gare)
Mais beaucoup de couteaux 5 étaient aussi
acheminés aux clients, en Commune de houyet recourant :
-
aux services 2 d'un commerçant
(coutelier) - itinérant (comme
François HERBIET, entre 1960 et 4 1970) ;
-
Ou aux 5 services de la
poste (et Commune de houyet donc aussi du chemin de 2 fer local,
pour les colis).
4ème 3 partie: les causes de disparition

Au cours du 2 20ème siècle, de
nombreux métiers disparaissent 3 : meunier, sabotier, vannier, tisserand,
tanneur, 4 bourrelier … La raison est 5 la suivante : toutes ces Commune de houyet activités
manuelles requièrent un savoir-faire avec 2 un processus de fabrication
relativement long, 3 pour lequel il est difficile 4 de déterminer une rémunération
« correcte 5 ». De plus, avec le Commune de houyet progrès, de nouveaux produits apparaissent 2 et
remplacent progressivement ceux du passé 3 : la chaussure prend la 4 place du
sabot, le plastique, celle 5 de la vannerie, etc. La Commune de houyet production se fait désormais
en série 2 ; elle permet une disponibilité 3 immédiate des nouveaux articles à 4 un
prix très attractif. A partir 5 de 1900 et surtout de Commune de houyet 1945, il en est de 2 même
pour la coutellerie artisanale qui 3 tend à disparaître. En Belgique, 4 c'est le
cas à Gembloux, Ernage, 5 Corroy-le-Château, Sauvenière, Grand manil, Lonzée,
Cortil-Noirmont, Commune de houyet Perwez, Thorenbais-Saint-Trond, Namur, Aarschot, Lierre. 2 La
France aussi voit certaines de 3 ses coutelleries disparaître : en 4 Région de
Champagne-Ardennes (Haute Marne-52 : 5 à Nogent-en Bassigny, Langres, Biesles,
Is-en-Bassigny, Commune de houyet Sarrey, Chaumont, Choiseul, Breuvannes-en-Bassigny), en 2 Région
Rhône-Alpes (La Loire-42 : à 3 Saint-Etienne), en Région de Basse-Normandie(Le
Calvados-14 4 : à Caen), en Région 5 Poitou-Charentes(La Vienne-86 : à
Châtellerault).
1. Le premier facteur
de disparition 2 est de nature économique.
- Avant 1945,
beaucoup vivent avec 4 peu. Nombreuses sont les habitations 5 où l'on ne chauffe
qu'une seule Commune de houyet pièce. Les effets mobiliers et 2 le confort sont limités. Cependant,
faire 3 l'achat de couteaux ne pose 4 pas trop de problème car 5 la dépenses est
jugée essentielle. Après Commune de houyet 1945, avec l'émergence de la 2 société de production et
de consommation, 3 des améliorations du niveau de 4 vie apparaissent : les tâches
domestiques 5 deviennent moins lourdes suite à Commune de houyet l'apparition de machines
électriques de plus 2 en plus performantes : moulins 3 à café, machines à lessiver,
aspirateurs, 4 machines à coudre … et 5 puis il y a les Commune de houyet loisirs (le cinéma, la
télévision et 2 enfin les vacances) et beaucoup 3 ne souhaitent plus consacrer une
part 4 de leur budget à l'achat 5 de couteaux artisanaux.
- Commune de houyet Dans le même
temps, de plus 2 en plus de producteurs prennent 3 conscience que
s'ils augmentent les quantités 4 produites, ils augmentent aussi leurs 5 richesses
et leur développement. Les prix Commune de houyet vont pouvoir être diminués pour 2 gagner de
nouveaux marchés. Il faut 3 aussi dorénavant être plus performant 4 que son
concurrent, travailler plus vite, 5 développer un outillage moderne et Commune de houyet de
nouvelles techniques de fabrication. C'est 2 à ce moment qu'apparaissent les
usines 3 ou les forges industrielles qui 4 utilisent la vapeur et l'électricité
comme 5 moyen de production (à Thiers, Commune de houyet en France ; à Solingen, 2 en
Allemagne ; à Sheffield, en 3 Grande-Bretagne).
2. Le second 4 facteur de
disparition est de nature 5 sociale : en Belgique, les Commune de houyet couteliers
n'ont jamais bénéficié d'un statut 2 légal de sécurité sociale spécifique 3 (les
salaires n'étaient pas garantis, ils 4 restaient faibles) et il n'y 5 avait aucun
système d'assurance légal particulier Commune de houyet pour se prémunir contre les 2 maladies et
les accidents du travail. 3 Dès lors, de plus en 4 plus de jeunes ont « 5 migré »
vers les centres urbains Commune de houyet pour entrer dans les usines 2 ou la fonction publique.
Ces emplois 3 garantissaient une meilleure protection sociale 4 et les syndicats
veillaient au respect 5 des nouveaux acquis sociaux, comme Commune de houyet la durée du travail
devenait réglementée.
3. Le troisième facteur
de 3 disparition est de nature professionnelle 4 :
- dans notre 5 pays, il n'y a jamais Commune de houyet eu
(contrairement à la France) de 2 Concours du Meilleur Ouvrier du 3 Pays. Le
Concours français était une 4 source de motivation et d'émulation. 5 Les
décorations étaient remises par le Commune de houyet Président de la République, lors 2 de
cérémonies solennelles. Des contacts et 3 échanges s'en suivaient.
- 4 nous n'avons pas non plus 5 connu l'Ecole
Professionnelle spécialisée dans la Commune de houyet formation de futurs couteliers. Cet
enseignement 2 aurait cependant pu promouvoir l'idée 3 d'une production de qualité,
à caractère 4 artistique.
* * *
A
HOUYET, ce sont Commune de houyet ces facteurs qui sont à
l'origine 2 de la disparition de la 3 profession. A ce titre, l'évolution 4 est
claire : 25 couteliers (de 5 1789 à 1899), 10 (de Commune de houyet 1900 à 1935) et plus 2 que 4 (de
1935 à 1970).
Le facteur
économique : 4 les couteliers houyettois
ont toujours fait 5 usage de techniques et méthodes Commune de houyet de production anciennes. Le
progrès n'a 2 pas été suffisamment introduit dans 3 l'outillage : les lames ont 4 été
forgées pendant environ 150 ans 5 (sur 181), les cornes ont Commune de houyet été sciées et percées
à la 2 main pendant près de 140 3 ans ! Bref, les prix 4 pratiqués à HOUYET ne
pouvaient pas 5 concurrencer ceux des autres places. Commune de houyet Les quantités produites
restaient trop faibles 2 et les marchés pas assez 3 explorés. De plus, après 1960,
des 4 difficultés pour s'approvisionner en matières 5 premières (acier,
cornes) à un prix Commune de houyet raisonnable apparaissent.
Le facteur
social 2 : les heures prestées 3 en forge
étaient importantes (environ 10 4 heures par jour), les salaires 5 restaient
faibles, plusieurs couteliers houyettois ont Commune de houyet alors changé de profession au
cours 2 de leur vie (Louis ROUSELLE 3 devient maréchal-ferrant
puis garde-forestier, Marie ROUSSELLE 4 devient ménagère,
Constant CHABOTTAUX devient garde-forestier, 5 Jean-François et
François HERBIET deviennent marchands Commune de houyet de couteaux). D'autres
ont exercé simultanément 2 deux professions (Léon CULOT :
coutelier-cabartier, 3 Joseph OPOVIN : coutelier-terrassier,
François GODFROID 4 : coutelier-piocheur aux Chemins de 5 Fer).
Enfin, il y a tous Commune de houyet ceux qui ont été couteliers 2 pendant une certaine période et
qui 3 au terme de celle-ci avaient 4 une profession incertaine (Joseph
LEONARD, Henry 5 COTE, Auguste
HERMAN, Victor WILLEME, Laurent
DUMONT, Commune de houyet Antoine PIERARD, Eugène
HAINAUT et Eugène 2 CULOT).
Le facteur
professionnel :
- l'outillage a 4 toujours été peu moderne,
à trois 5 exceptions près :
1) Commune de houyet L'atelier collectif de coutellerie
construit vers 2 1850 à la demande du 3 Roi LEOPOLD 1er était équipé
d'une 4 grande « roue » (poulie), 5 utilisant la force animale et/ou
humaine.
2) L'atelier d'Eugène et 2 François
HERBIET comprenait un petit marteau 3 pilon qui découpait
mécaniquement des lames 4 standard dans les barres d'acier 5 (ce qui évitait un
précieux temps Commune de houyet de forge). Une scie électrique 2 (pour entamer les cornes) avait
aussi 3 été introduite.
3) L'atelier 4 de François et Ernest
GODFROID comprenait 5 des moteurs électriques pour mouvoir Commune de houyet la
meule et les disques à 2 polir ainsi qu'une scie électrique.
- les lieux 4 de travail
étaient réduites (souvent confinés 5 dans d'étroites remises), sans grande
luminosité, Commune de houyet empêchant tout développement.
- 2 le travail s'organisait souvent en
famille 3 (entre père, fils/fille ou entre 4 frères). Il aurait peut-être mieux
valu 5 choisir la forme sociétaire avec Commune de houyet l'introduction de capitaux
d'investissement.
- 2 même si la variété des 3 couteaux
produits était large, les artisans 4 houyettois n'ont jamais cherché de 5 véritable
particularité (sauf les couteaux de Commune de houyet poche). Et encore, pour ces 2 derniers, le
maximum de lames rabattantes 3 que l'on pouvait avoir était 4 de deux, alors qu'en
France, par 5 exemple, dans la région de Commune de houyet Nogent, les couteliers s'étaient
spécialisés dans 2 les ciseaux et les outils 3 de chirurgie médicale. Ils créaient
depuis 4 longtemps des couteaux de poche 5 intégrant de multiples pièces avec
diverses Commune de houyet fonctions (grande lame, petite lame, 2 ouvre-boîte avec décapsuleur,
tournevis, ciseaux, dégorgeoir, 3 tire-bouchon, lime à ongles, onglier, 4 cure et
bourre-pipe …).
- 5 A HOUYET, les manches des Commune de houyet couteaux ne
faisaient l'objet d'aucune décoration 2 particulière, alors qu'à Nogent, les
couteliers 3 cherchaient à monter leurs couteaux 4 de manches finement décorés et
constitués 5 de bois précieux (bruyère, amourette) Commune de houyet mais aussi d'or, d'argent, de
nacre, 2 d'écailles de tortue marine et 3 d'ivoire). Certes, à HOUYET, les 4 lames en
acier inoxydable remplacèrent celles 5 en acier carboné, mais ce Commune de houyet fut cependant
insuffisant pour augmenter de 2 manière substantielle les commandes.
Pascal MELCHIOR -
novembre 4 2004